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故ジル・ローランを偲んで

A blog to remember Gilles Laurent, who died in Brussels Attack in the middle of making his film about Fukushima / this blog is organized by his wife Reiko Udo

映画撮影に協力してくださった山本啓介氏のスピーチ、東京でのお別れ会にて Speech from Mr. Keisuke Yamamoto who helped film-shooting, at the funeral party in Tokyo 19/06/2016

(French translation follows after Japanese)

 

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ジル・ローランさんへのメッセージ

 

ご紹介いただきました山本啓介と申します。去年の秋にジルさんの映画撮影に同行しました。玲子さんからご指名を賜りましたので、その時の様子を少しお話しいたします。

 

ジルさんとは一年ほど前にある仕事を通じて知り合い、スカイプで何度かやり取りをする間柄でした。夏の終わりに「福島でドキュメンタリーフィルムの撮影をするので手伝ってほしい。題材は原発事故で避難を余儀なくされた人たちの様々な選択について」と連絡があり、お引き受けしました。

 

いわき駅前や郡山のビジネスホテルに拠点を置きながらの数週間にわたる撮影でした。毎日レンタカーに機材を積み込んで数十キロの距離を走って撮影地に向かいました。富岡町、南相馬といった地名は皆さんもご存知かと思います。

 

撮影チームは監督のジル・ローランさん、カメラマンのローラン・フェニオンさんと音声のジル・ベナルドーさんです。奇しくも、そしてまさにジル・ローラン組でした。私は通訳兼ドライバー、そして取材先の皆さんとの連絡役でした。

 

取材地である避難区域内の様子はまちまちで、時が止まったまま手付かずの場所もあれば、復旧復興へ向けた準備が進む場所もありました。バリケードで立ち入りを禁じられた路地があり、残留放射能を示す線量計も目につきました。除染活動が行われている場所では日中は頻繁に作業車両が行き交い人の姿も多いのですが、夜間の滞在は許されていませんでした。

 

撮影では原発事故を受けてお住まいが避難区域となっている3組のご家族を取材しました。夏に取材済みとあって私以外は訪問先の皆さんとも顔なじみでした。ですから気張ることなく、じっくりと腰を落ち着けてお話を伺えたと思います。

 

事故発生以来その地を離れることなく残された動物の世話を続ける方、仮設住宅に入居はしたものの住み慣れた我が家に生活拠点を戻した方、除染活動が進み数カ月先の避難解除へ向けて帰宅準備をされる方、とそれぞれの思いがあり選択がありました。

 

ひとつの取材先では毎回少なくとも数時間滞在し、お宅にお邪魔して暮らしぶりや周囲の様子を記録していきました。朝から始めて日が暮れるまで過ごすこともありました。

 

現場に着くとまず、ジルさんとカメラマンのローランさんとでカメラ位置を決め、画面を作ります。ドキュメンタリー映画の撮影は静かに、淡々と進みます。ジルさんはカメラの後方にいて、何度も何度もファインダーをのぞき、時にはレンズの先の皆さんに質問を発しながらお話を引き出していきます。皆さんの姿を通じてジルさんが訴えたかった思いは何だったのでしょうか。

 

撮影班は藪の中やずぶずぶとぬかるんだ畑に分け入って行くかと思えば、巣をかけた大きなクモの様子を何十分もかけて撮影していたりで、私は「使用する映像はせいぜい数十秒だろうに、ここまで時間をかけて取材をするものなのか」と思いながら立ち会っておりました。

 

画面の構成や編集のしかたを巡ってスタッフの間で議論が白熱することもしばしばでした。そんな時のジルさんはいつも腕組みをして、時折白いひげをなでながら鋭い眼をしていました。お互いになかなか引き下がることはありません。でも最後には、皆さんもご存知のあの人懐っこいジルさんの笑顔が戻ってくるのです。

 

物腰の柔らかい優しいジルさんの話しぶりにはいつも相手への気遣いが感じられました。繊細な心の持ち主でした。取材先の皆様もそんな彼に胸襟を開いてくださったと思います。

 

こんなこともありました。ある日、黄昏から宵へと変わる頃、訪問先での取材を終えてホテルに向かう途中に通りがかった集落で息をのむように美しい風景に出会いました。月がとても明るい晩で、空を見上げると銀色の雲が次々と風に流れていました。作業の人たちは既に引き上げた後で辺りには住民もいませんから、聞こえてくるのは虫の声と木々を渡る風のざわめきばかりです。集落の人気の無さが何倍増しにも感じられる夜でした。

 

ヘッドホンをした音声のジルさんは独り離れてサウンドハンティングへ。ジルさんとローランさんも重い機材を抱えてどこかへ行ったきりでなかなか戻ってきません。通訳の私にはできることもなく、車で皆の帰りを待つばかりでした。数時間が経ったころようやく皆が戻ってくると、たくさん蚊に刺されてはいましたがどの顔もとても満足そうでした。

 

ホテルへ帰る車内では撮影したばかりの映像をパソコンで確認しながら皆で興奮気味に話をしていました。残念ながら運転席の私はその画を見ていませんが、映画作りの楽しさをおすそ分けしてもらった気がしました。

 

ジルさんの信じがたい悲報に接し、ほんとうに残念でなりません。ご家族、ご友人、ご関係の皆様に心よりお悔やみを申し上げます。

 

私が彼と過ごした時間は長くはありませんでしたが、中身の濃い、忘れがたいものでした。ジルさん、あなたとの、そしてあなたが結んでくれた皆さんとの出会いに感謝しています。皆さんとあなたの思い出を共有します。作品の上映を心待ちにしています。

 

どうもありがとう。

 

 

Je suis Keisuke Yamamoto. J’ai accompagné le tournage du film de Gilles automne dernier. Suite à la demande de Reiko-san, je vous parlerai un peu ce qui s’est passé sur place.

 

J’ai rencontré Gilles il y a à peu près un an pour la première fois par un certain travail. Nous étions en contact sur le Skype. A la fin d’été, il m’a contacté. Il m’a dit “J’ai besoin de ton aide pour le tournage de film à Fukushima. Il s’agit d’un documentaire sur les différentes décisions des gens qui avaient été forcés d’évacuer par la série d’accidents du central nucléaire.” J’ai accepté sa demande.  

 

Le tournage a duré pendant quelques semaines en pivotant dans un petit hôtel à Iwaki ou à Koriyama. Tous les jours nous avons chargé notre voiture de location des matériels de tournage et avons fait plusieurs dizaines de kilos d’aller-retours. Vous connaisserez les noms de villes comme Tomioka ou Minami-Soma, par exemple.

 

L’équipe de tournage se composait de Gilles Laurent, le réalisateur, un autre Laurent de caméraman et un autre Gilles de l’ingénieur du son. Oui, c’était un vrai équipe Gilles Laurent par hasard, donc. Moi, j’étais interprète, chauffeur et correspondant avec nos partenaires de tournage sur place.

 

Dans la portée de la zone d’évacuation, il y avait la partie intouchée depuis l’événement, on dirait comme si le temps est suspendu depuis. Il y avait aussi des endroits ou se passent les travaux envers de redressement et de redévelopement. Certains quartiers étaient bloqués par des barricades. Les dosimètres existaient ça et là qui nous désignaient les niveaux de radioactivité. Il y avait des gens s’occupant des travaux de décontamination dans la journée avec pas mal de passage des camions, mais personne n’était autorisée d’y rester et passer la nuit.

 

Nous avons visité trois familles qui habitaient dans la zone d’évacuation impérative. A part de moi, l’équipe Gilles Laurent et nos amis, ils se connaissaient depuis le tournage précédant en été. Ça nous a permi de tourner dans un bon ambiance, relaxé et à tête reposée.

 

Ils ont pris chacun sa propre décision, selon différente réflexion. Un a continué à résider toujours à son domicile dès le début, en s’occupant des animaux abandonnés. Un autre avait rentré une fois dans l’habitation provisoire, mais a retourné finalement à sa maison pour vivre en se mettant à l’aise. Un autre était en préparation pour regagner le terrain avec une vraisemblable levée d’interdiction prévue dans quelques mois.

 

A chaque endroit de tournage, nous avons resté au moins quelques heures. Nous avons enregistré leurs vies, parfois dès le matin jusqu’à la tombée du nuit.

 

En arrivant sur place, Gilles et Laurent le caméraman cherchaient d’abord le positionnement, puis décidaient le cadrage. Le tournage passait calmement car c’était un documentaire. Gilles, posé derrière la caméra, jetait son regard à plusieurs reprises dans le viseur. Ça lui arrivait de poser des questions envers les gens qui étaient l’autre côté de l’objectif. Quelle était le méssage alors que voulait Gilles transmettre aux spectateurs via les images de ces personnages ?

 

Tantôt l’équipe entrait dans le buisson ou patauger dans la boue, tantôt filmer des toiles d’araingée pendant quelques dizaines de minutes sans cesse. Je contemplais le tournage en m’étonnant qu’ils consacraient si longtemps pour avoir une image de quelques dizaines de secondes au maximum.

 

Il y a eu des moments qu’ils se disputent pour avoir l’unanimité de cadrage ou de montage. Gilles avait des regards perçants, ses bras croisés, touchait de temps en temps son menton avec barbe blanche. Un compromis n’était pas conclu facilement. Car ils étaient tous têtus. Mais à la fin, Gilles a repris son sourire affectueux, le visage que vous connaissez tous.  

 

J’ai trouvé toujours dans son ton tendre des paroles de Gilles, sa gentillesse et ses attentions aux autres. Il était un homme délicat. Nos partenaires du tournage le sentaient et nous parlaient à coeur ouvert.

 

Ça nous est arrivé un jour que nous avons passé par hasard devant un village en rentrant vers l’hôtel après le tournage. Il faisait presque nuit, entre chien et loup. C’était un rencontre innatendu d’un paysage pittoresque et stupéfiant sous la lune très très claire. Au ciel, il avaient des nuages d’argent emportés les uns après les autres par le vent. Personne était là sauf nous. Ni d’ouvriers, ni d’habitants. Seuls les cris des grillons et les échos des vents dans les arbres existaient. La rue était désertés et le calme était multiplié ce soir-là.

 

Gilles l’ingénieur du son est parti seul quelquepart avec ses casques pour la chasse de son. Gilles et Laurent, eux, ils sont partis ailleure avec ses équipements lourds. Personne n’était revenue longtemps. Moi, interprète chaumé, les attendais longuement dans la voiture. Et enfin au bout de quelques heures, ils se sont revenus. Tout le monde était piqué partout par les moustiques, mais ils avaient l’air tellement heureux.

 

Dans la voiture en retournant à l’hôtel, ils se parlaient avec passion sur les images apparues dans l’écran de PC. Moi, au volant, je n’ai malheureusement pas pu regarder les images, mais étais ravis d’avoir partagé la joie de la création de film.

 

Je suis très déplorable d’avoir eu cette nouvelle de Gilles, triste et toujours incrédible. J’exprime de mon coeur mes condoléances à sa famille, à ses amis et à ses relations. Notre temps n’était pas forcément longue, mais c’était sûrement dense et inoubliable. Hé, Gilles, je te remercie aux rencontres de nous, ainsi avec tes amis. J’espère que nous aurons le plaisir de regarder ton oeuvre. Je partage des mémoires de toi avec tout le monde.

 

Arigato. Merci encore.